Vers une décennie pour les océans : protéger la ressource la plus précieuse du Pacifique

Nouméa

La littérature regorge de récits d’aventures qui se déroulent dans les « sept mers », chacune de ces mers possédant une histoire, un caractère et une culture propres. De tout temps, les océans ont été considérés comme des univers à part entière, similaires mais coupés les uns des autres, à l’instar des continents. Aujourd’hui encore, lorsque l’on évoque l’océan Atlantique, Indien ou Pacifique, on se représente souvent leurs eaux comme des étendues cloisonnées. Ce n’est bien entendu pas le cas. Nos océans sont étroitement liés : l’eau qu’ils contiennent parcourt le monde entier, et la santé d’une région océanique peut influer sur toutes les autres.

Le Pacifique contient plus de 707,5 millions de km3 d’eau, un volume plus de deux fois supérieur à celui de n’importe quelle autre étendue océanique. Par conséquent, aucune autre région n’est à ce point susceptible d’influer sur la santé générale des eaux océaniques mondiales. Conscients de cette réalité, nous avons, dans le Pacifique, récemment lancé la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable.

Ce n’est pas un hasard si notre région océanique compte parmi celles en meilleure santé et les plus riches en matière de biodiversité. Si la population océanienne est faible et très éparse, la connaissance, la protection et la gestion des eaux marines sont profondément ancrées dans son histoire et sa culture. 

Consciente de l’utilité et de la nécessité de gérer collectivement ses ressources océaniques, notre région a investi dans des organisations scientifiques et de développement fondées sur la coopération et la collaboration, telles que la Communauté du Pacifique. Ces organismes résolument océaniens ont permis à la région d’associer savoirs traditionnels, pratiques culturelles et sciences modernes pour élaborer une approche de gestion océanique unique en son genre.

En conséquence, le Pacifique peut aujourd’hui s’appuyer sur son expertise et son expérience pour orienter les efforts mondiaux visant à protéger les océans de notre planète. Nous disposons des ressources humaines, nos pays insulaires ont de longue date fait preuve de leur engagement, et nous investissons dans des infrastructures scientifiques et de données afin que les politiques et les activités en faveur de la protection des océans reposent sur des bases solides, concrètes et mesurables. 

Nous ne pouvons toutefois pas accomplir cette tâche seuls. De la même manière que les eaux des océans communiquent entre elles, les actions que nous menons pour les protéger doivent être interconnectées. La session 2021 de la Conférence des Parties (COP), à Glasgow, offre à la région Pacifique l’occasion idéale d’attirer l’attention sur l’importance de la santé des océans, clé de voûte de l’action face au changement climatique. Les dirigeants nationaux et régionaux du Pacifique exposeront leurs arguments devant la communauté internationale et encourageront les dirigeants du monde entier à réaliser des investissements judicieux à l’appui du Pacifique bleu et, partant, du paysage océanique mondial.

Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques ne se réduise pas à une simple formule, mais se concrétise sous la forme d’une décennie de coopération et d’action collective visant à préserver nos océans et à créer un monde sain et durable pour chacun d’entre nous.

Lien utile : 
Lettre d'information Objectif Océanie juin 2021 - Vers une décennie pour les océans : protéger la ressource la plus précieuse du Pacifique

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Stuart Minchin

Directeur général (Nouméa)

Avant de rejoindre la Communauté du Pacifique (CPS) le 23 janvier 2020 au poste de Directeur général, M. Stuart Minchin dirigeait la Division géosciences de l’environnement de Geoscience Australia, centre d’expertise du Gouvernement australien pour les sciences de la Terre et de l’environnement, où sont également conservées les données, informations et connaissances nationales dans ce domaine. Il a représenté l’Australie lors de grandes réunions internationales, et a en outre assuré les fonctions de délégué principal auprès du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UNGGIM) et du Groupe intergouvernemental sur l’observation de la Terre (GEO).