Confiance, souplesse et innovation : le partenariat entre la Nouvelle-Zélande et la Communauté du Pacifique à l’honneur

Nouméa

Je garde un souvenir très vif des premiers jours de la pandémie de COVID-19 : l’Océanie, comme le reste du monde, découvrait alors cette nouvelle maladie, qui allait si profondément bouleverser toutes nos certitudes. Pour les organisations intergouvernementales comme la Communauté du Pacifique (CPS), l’adaptabilité et l’innovation sont brusquement devenues des nécessités vitales.

Sans la capacité d’innovation de notre région, nous n’aurions pas pu adapter nos programmes aux besoins nouveaux découlant de la pandémie. Il était notamment impératif d’aider les États et Territoires membres, en collaboration avec nos partenaires, à engager des interventions ciblées en réponse à la crise sanitaire, à évaluer les conséquences économiques et sociales de la pandémie et à définir les moyens d’y faire face. La mise en place de solutions innovantes et efficaces a été une composante clé de la réponse à la crise.

La qualité de la relation entre une organisation comme la nôtre et ses partenaires de développement, et en particulier la confiance qui doit nourrir ce lien, sont des conditions essentielles au succès de toute démarche innovante. Sans cette confiance, il ne peut y avoir de souplesse, et sans cette souplesse, il est impossible d’innover.

La relation suivie que la CPS entretient avec le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce (MFAT) est la parfaite illustration de ce principe, alors que l’idée même de multilatéralisme est fréquemment remise en question dans la région.

Outre les aspects purement financiers de cette relation, la confiance que la Nouvelle-Zélande a toujours témoignée à la CPS depuis sa création en 1947 s’appuie sur des principes directeurs communs, désormais consacrés dans le « partenariat renouvelé » que nous venons de signer : Kaitiakitanga (notre gestion avisée et notre souci commun du bien-être de la région) ; Kotahitanga (notre objectif commun) ; Manaaki (la bienveillance ou la bonne volonté dont nous faisons preuve les uns envers les autres) ; et Whanaungatanga (les liens de parenté qui nous unissent).

Ces quatre notions fondatrices sont révélatrices de la force du lien et de la confiance mutuelle qui nous unissent ; elles nous invitent aussi à aider la région face aux enjeux majeurs que sont le changement climatique, la préservation des ressources terrestres et maritimes, l’inclusion sociale et l’accès à la santé.

En privilégiant des dispositifs de financement pionniers, en complément des mécanismes classiques de financement des projets, le MFAT a exprimé sa confiance en la CPS et sa détermination à mettre à la disposition de l’Organisation des fonds ordinaires et des fonds programme flexibles. Cet engagement a permis à nos équipes d’innover, de se concentrer sur les impacts et les résultats, de s’adapter, d’expérimenter de nouvelles approches sur le terrain et de les transposer à plus grande échelle. J’en veux pour preuve le mécanisme des financements à visée spécifique, grâce auquel la CPS peut désormais compter sur une enveloppe annuelle de 400 000 dollars néo-zélandais destinée à encourager l’innovation, notamment par l’incubation de nouveaux projets, l’extension des initiatives en cours et l’élaboration de programmes de renforcement des capacités axés sur l’innovation, en collaboration avec les pays membres.

La volonté du MFAT d’appuyer les initiatives et les innovations de ce type nous a permis de mettre en œuvre nombre de projets de grande qualité, comme la Plateforme de données océaniennes, un « guichet unique » réunissant toutes les données relatives à l’Océanie ; la Banque d’échantillons marins du Pacifique, une collection d’échantillons biologiques prélevés sur des espèces de poissons pélagiques dans toute la région ; ou encore l’adoption de nouvelles méthodes permettant de réduire considérablement le coût des enquêtes sur le budget et la consommation des ménages. Toutes ces initiatives récentes sont venues s’ajouter aux nombreux projets que nous avons mis en œuvre, ensemble, pendant près de 75 ans.

Mais revenons à la COVID-19 : la CPS, comme le reste du monde, a été surprise par la vitesse de propagation de la pandémie, mais aussi par ses impacts quasi immédiats sur le secteur du développement dans le Pacifique. Il nous a fallu prendre des décisions importantes en un très court laps de temps. Des projets de longue haleine en faveur de la santé, comme la lutte contre les maladies non transmissibles, ont dû être réorientés, afin de renforcer les capacités des membres à faire face en urgence à cette nouvelle menace pandémique.

Cette aptitude à réorienter très rapidement nos activités doit beaucoup au caractère flexible des financements du MFAT et d’autres partenaires de développement de premier plan. Dans la mesure où les fonds programme sont destinés à appuyer la mise en œuvre des plans d’activité des divisions, nous avons pu adapter rapidement nos priorités, sans avoir à renégocier les activités prévues au titre des projets.

Aujourd’hui, la CPS et le MFAT ont tout lieu de se féliciter de ce partenariat, dans un contexte marqué à la fois par les grandes menaces auxquelles la région fait face, mais aussi par les perspectives inédites qui s’offrent à elle.

Nous allons continuer pendant encore de nombreuses années à cultiver ensemble cette démarche multilatérale, afin d’aider les États et Territoires insulaires océaniens à se relever de la crise de la COVID-19. Forts de cet esprit de coopération, nous pouvons aider la région à bâtir des sociétés dans lesquelles chaque individu pourra exprimer son plein potentiel.

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Stuart Minchin

Directeur général (Nouméa)

Avant de rejoindre la Communauté du Pacifique (CPS) le 23 janvier 2020 au poste de Directeur général, M. Stuart Minchin dirigeait la Division géosciences de l’environnement de Geoscience Australia, centre d’expertise du Gouvernement australien pour les sciences de la Terre et de l’environnement, où sont également conservées les données, informations et connaissances nationales dans ce domaine. Il a représenté l’Australie lors de grandes réunions internationales, et a en outre assuré les fonctions de délégué principal auprès du Comité d’experts des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale (UNGGIM) et du Groupe intergouvernemental sur l’observation de la Terre (GEO).