Agir en faveur de l’égalité des sexes en Océanie : un impératif commun

Nouméa

La Journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars dans le monde entier, est l’occasion de réfléchir à la condition féminine en Océanie.

Message de Colin Tukuitonga, Directeur général du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique:

Cette année marque en outre le 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, dispositif international encadrant les efforts en faveur de l’égalité des sexes et axé sur 12 domaines critiques, dont la lutte contre la pauvreté, l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et la promotion de l’accès des femmes au pouvoir et à la prise de décisions. En 1995, ces textes avait été adoptés par 189 pays, dont 14 en Océanie.

Au cours des vingt dernières années, nous avons accompli des progrès important en matière d’accès des femmes et des filles à l’éducation et à la santé, et nous commençons à briser le silence autour des violences faites aux femmes.

Nous pouvons rendre hommage aux efforts déployés par les gouvernements et les dirigeants des pays océaniens qui appuient des réformes législatives visant à modifier des lois et des pratiques discriminatoires, afin de réaffirmer et de protéger les droits des femmes. Les pays de notre région ont en outre la volonté de se donner les moyens de lutter plus efficacement contre l’inégalité des sexes.

Il faut également noter l’engagement des organisations de la société civile, qui militent pour une amélioration des services et des informations propres à faciliter l’autonomisation des femmes. On ne peut qu’être encouragé par ces hommes qui, n’hésitant pas à afficher leurs convictions, deviennent les acteurs du changement dans leurs communautés, et œuvrent, avec d’autres hommes, pour mettre fin aux violences sexistes et encourager les femmes à assumer une multitude de rôles différents : responsables communautaires ou confessionnels, personnalités sportives ou chefs d’entreprises.

Il reste toutefois beaucoup de chemin à parcourir en Océanie. Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) va bientôt publier le rapport régional Beijing+20, qui fait apparaître des progrès mitigés et met en évidence certains phénomènes assez préoccupants.

Ainsi, la prévalence de la violence contre les femmes reste-t-elle à un niveau alarmant dans notre région. Par ailleurs, les femmes sont encore minoritaires au sein de la population active rémunérée, malgré les progrès enregistrés dans les domaines de la santé et de l’éducation. L’Océanie est aussi la région du monde qui compte le moins de femmes occupant des postes de responsabilités, avec une moyenne de 13,6 % de femmes seulement au sein des parlements de 16 pays océaniens.

Cette année, la Journée internationale de la femme est construite autour du thème « Passons à l’action ! ». En tant qu’organisation internationale d’aide au développement contrôlée et supervisée par ses 26 États et Territoires membres, il est de la responsabilité de la CPS de répondre de manière équitable aux attentes des Océaniens, indépendamment de leur sexe ou de leur âge.

Nous continuons à chercher les moyens d’améliorer notre capacité à répondre efficacement aux besoins, préoccupations et priorités multiples des Océaniens, hommes ou femmes, dans l’ensemble de la région. À titre personnel, je fais partie des quelque 80 agents de la CPS qui soutiennent la campagne du ruban blanc, et ont pris l’engagement solennel de ne jamais tolérer la violence contre les femmes.

À la fin de l’année dernière, la CPS s’est dotée d’une stratégie institutionnelle de prise en compte systématique du genre (2015-2017), dans le but d’aider ses pays membres à atteindre leurs objectifs en matière d’égalité des sexes et de développement durable, ceci passant par exemple par l’autonomisation des femmes, par le renforcement de leur participation, aux côtés des hommes, à la prise de décisions à tous les niveaux, ou par la réduction des inégalités entre hommes et femmes en matière d’accès et de contrôle des ressources affectées au développement et de ses retombées.

Réaffirmant que la défense de l’égalité des sexes est l’affaire de tous, la CPS va poursuivre ses efforts pour intégrer la dimension du genre dans ses programmes de développement et renforcer la capacité des gouvernements de la région à aborder cette problématique dans tous les secteurs.

Le moment est venu d’abandonner nos vieilles habitudes et de passer à la vitesse supérieure, afin que nos enfants et nos petits-enfants, filles comme garçons, puissent participer activement et sur un pied d’égalité aux décisions qui définiront notre société et concrétiser ainsi leurs aspirations personnelles, pour le bénéfice de la Communauté du Pacifique dans son ensemble.

Célébration de la Journée internationale de la femme 2015

À Tuvalu, la Journée internationale de la femme sera notamment marquée par des actions de sensibilisation à la réduction des risques de catastrophe, s’adressant en priorité aux femmes et aux filles de Funafuti et de l’ensemble des îles du pays.

Cette initiative est pilotée par le Service de la condition féminine de Tuvalu, avec le soutien financier du Projet de renforcement de la sécurité et de la résilience dans le Pacifique, soutenu par un partenariat entre le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), l’Union européenne et la CPS.

Le Département de la condition féminine de Tuvalu fait partie du Comité de pilotage national du Projet, aux côtés des services de secours du pays, qui participeront tous aux actions de sensibilisation susmentionnées.

« Il s’agit d’une initiative menée conjointement par le gouvernement de Tuvalu, l’Union européenne et la CPS, dans le but d’apporter une information cohérente à nos populations. Très souvent, ces organisations conduisent des actions de sensibilisation chacune de leur côté : en intervenant ensemble, nous donnerons plus de poids à notre message et les habitants découvriront la totalité des organismes impliqués dans la réduction des risques de catastrophe. Mais le plus important, c’est l’aspect relationnel : les gens pourront rencontrer ceux qui travaillent dans l’ombre » explique Sumeo Silu, Directeur du Bureau national de gestion des catastrophes et Président du Comité de pilotage national du Projet de renforcement de la sécurité et de la résilience dans le Pacifique.

Ces réunions d’information seront organisées dans l’ensemble des localités et des écoles de Tuvalu.

Il convient également de noter que la CPS a lancé cette semaine un groupe Facebook intitulé Réseau d’information des femmes du Pacifique (PacWIN).

La création de ce groupe permettra de renforcer le rayonnement du réseau PacWIN établi de longue date et de promouvoir le partage d’idées, d’analyses et d’informations sur le statut des femmes et des filles et l’égalité des sexes en Océanie.

Ainsi, les internautes pourront-ils participer sur Facebook à un dialogue de six mois sur le thème « La Plateforme d’action de Beijing et moi », qui permettra de mettre en évidence les progrès accomplis et les domaines à améliorer en matière d’égalité des sexes en Océanie. Les résultats de cet exercice seront présentés à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre prochain.

Contact médias : Blandine Mollard, [email protected]

Jean-Noël Royer, [email protected]

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