Publication d’un nouveau rapport pour la réduction de la vulnérabilité alimentaire des Océaniens face aux risques climatiques

Nouméa

Climate change and island food systems: the future of food, farming and fishing in the Pacific Islands under a changing climateSelon un nouveau rapport, publié aujourd’hui à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les effets du changement climatique en Océanie, une région où les populations sont fortement tributaires de la pêche et de l’agriculture à petite échelle pour leur subsistance, devraient accroître le risque d’insécurité alimentaire.
Mais l’adoption d’approches innovantes et participatives pourrait permettre aux décideurs d’étudier différents scénarios possibles pour l’avenir et de définir les mesures stratégiques à engager.

Le rapport, intitulé Climate change and Pacific Island Food Systems (Le changement climatique dans le Pacifique et les systèmes alimentaires océaniens), décrit brièvement les problèmes les plus urgents auxquels se heurte la région, en s’appuyant sur des infographies et des photographies saisissantes pour illustrer les extrêmes de température et de précipitations, l’élévation du niveau de la mer ainsi que les conséquences du changement climatique sur les cultures vivrières, la pêche, l’aquaculture, l’alimentation et la nutrition.

Cette publication, fruit d’une collaboration entre le programme de recherche du GCRAI sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS), la Communauté du Pacifique (CPS), WorldFish et le Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA), repose sur un projet de recherche actuellement mené dans la région.

Ce travail a été financé par le Programme d’aide néo-zélandais et le Centre australien pour la recherche agricole internationale (ACIAR).

Le rapport fournit des informations sur les grandes menaces qui pèsent sur la sécurité alimentaire des communautés océaniennes, tout en mettant en lumière les possibilités qui s’offrent dans le contexte du changement climatique.

Sur la base de vastes consultations et travaux de recherche, il confirme que les pouvoirs publics, les organisations de développement, les populations et les agriculteurs doivent s’entendre pour trouver des solutions de substitution aux activités de subsistance actuellement menacées, comme c’est notamment le cas de la pêche et de l’agriculture.

Par ailleurs, les différents acteurs doivent se tenir prêts à tirer profit des éventuels effets bénéfiques du changement climatique.

Pour l’un des auteurs du rapport, M. Moses Amos, Directeur de la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins de la CPS : « Les systèmes alimentaires des pays insulaires océaniens doivent être profondément modifiés pour répondre à la menace du changement climatique. Des systèmes alimentaires plus résilients devront être créés, mais des recherches plus approfondies devront d’abord être réalisées pour que ces mesures d’adaptation puissent être appliquées efficacement. »

Le rapport souligne que l’impact réel variera en fonction des plantes et des animaux concernés, et d’autres facteurs touchant la production, comme la localisation géographique, les pratiques agricoles et la dépendance par rapport à l’agriculture.

Face aux incertitudes liées à l’avenir, des approches innovantes doivent être adoptées afin de déterminer les répercussions concrètes des différents changements.

Au travers de quatre scénarios contrastés (« Bras de fer », « Sur le fil du rasoir », « Le développement à tout prix » et « Crise au paradis »), le rapport étudie différentes trajectoires de développement, qui pourront se révéler utiles lorsqu’il s’agira d’élaborer et de mettre à l’essai divers plans et stratégies.

« Ces scénarios donnent aux décideurs des informations indispensables, qui leur permettront d’évaluer et d’orienter les efforts déployés pour élaborer des politiques propres à améliorer la résilience et à renforcer la capacité d’adaptation au changement climatique des pêcheurs et des agriculteurs océaniens », a expliqué le Directeur du CCAFS.

Ces scénarios ont été imaginés par des responsables politiques, des chercheurs et des acteurs de la société civile et du monde économique de la région, qui ont travaillé ensemble, dans le cadre d’un processus facilité par une équipe de l’Institut sur le changement environnemental de l’Université d'Oxford, et notamment de consultations organisées aux Fidji, l’année dernière.

Ils apportent un éclairage important sur les différentes composantes du système alimentaire, parmi lesquelles figurent la pêche, la sylviculture, le commerce, l’accessibilité économique, la consommation et la santé publique.

Le rapport contient trois principales recommandations concernant les mesures à prendre pour répondre aux changements climatiques dans le Pacifique, à savoir :

  1. Conduire des évaluations nationales de la vulnérabilité des systèmes agricoles insulaires océaniens face au changement climatique et déterminer, en particulier, les répercussions des changements anticipés sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, du point de vue de la production, de la population et de l’urbanisation.
  2. Définir les études à mener dans chaque pays pour mettre en œuvre les mesures d’adaptation jugées prioritaires, compte tenu, par exemple, des besoins alimentaires anticipés au sein des populations rurales et urbaines, et des méthodes et des capacités de production actuelles, notamment des savoirs traditionnels.
  3. Stimuler la recherche sur les systèmes alimentaires au profit de la région, en établissant notamment des partenariats efficaces entre les organismes nationaux de recherche et de vulgarisation, les réseaux d’agriculteurs, les organisations non gouvernementales et les institutions scientifiques, en vue d’améliorer les capacités nationales en matière de recherche, et en proposant aux agriculteurs et aux pêcheurs des services climatologiques permettant de guider leurs investissements et leurs activités.

Pour aller plus loin et découvrir les scénarios proposés en version animée, consultez cette vidéo.

Contacts médias
Vanessa Meadu, Coordonnatrice de la communication (CCAFS), [email protected] +44 777 219 5317
Julie Marks, Directrice de la communication de la CPS, [email protected] ou +687 80 74 95
Stéphane Gambier, Coordonnateur de la communication (CTA), [email protected] or +31 317 467 179

À PROPOS DU RAPPORT
Les quatre principaux auteurs du rapport Climate Change and Pacific Island Food Systems: The future of food, farming and fishing in the Pacific Islands under a changing climate sont : Johann Bell (Centre national australien pour les ressources océaniques et la sécurité), Mary Taylor (Université de la Sunshine Coast, Australie), Moses Amos (Communauté du Pacifique) et Neil Andrew (WorldFish).

La production de cet ouvrage a été coordonnée par Vanessa Meadu (programme de recherche du GCRAI sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire [CCAFS]) et Paul Neate (Centre technique de coopération agricole et rurale [CTA]). Au cours des consultations qui se sont tenues aux Fidji, l’année dernière, les participants ont travaillé main dans la main avec l’artiste Roger Harvey, afin de donner corps aux différents scénarios proposés, au travers d’une série d’illustrations qui émaillent le rapport.

Pour télécharger le rapport
Bell J, Taylor M, Amos M, Andrew N. 2016. Climate Change and Pacific Island Food Systems. CCAFS and CTA. Copenhagen, Denmark and Wageningen, the Netherlands.

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