Journée internationale de la femme

Suva

Le 8mars était célébrée la Journée internationale de la femme. Il se trouve que j’étais en déplacement à Suva cette semaine-là et, compte tenu de l’importance de l’événement, j’en ai profité pour dire quelques mots aux agents de la CPS en poste aux Fidji. J’ai rappelé combien l’Organisation pouvait être fière de ses accomplissements, mais qu’elle devait se garder de tout triomphalisme. Le thème choisi cette année – Osons le changement! – a de quoi susciter le débat: en faisons-nous assez? Chacun à notre niveau? En tant qu’organisation?

Le thème mondial de la Journée internationale de la femme nous invite à chercher des moyens d’assurer la représentation équilibrée des femmes et des hommes dans le monde du travail. Il est donc temps pour nous de réfléchir à la place qui revient à nos femmes dans ce monde du travail en évolution.

La CPS existe depuis 70ans. Au cours de ces sept décennies, des femmes ont occupé des postes à haute responsabilité au sein de l’Organisation, à l’image de MmeLourdes Pangelinan, originaire de Guam, qui a été la première femme nommée directrice générale de la CPS (2000-2006).Avant d’atteindre la plus haute marche de la direction, elle avait été directrice générale adjointe de 1995 à 2000. MmeFekita Utoikamanu, originaire des Tonga, a elle aussi exercé les fonctions de directrice générale adjointe, de 2009 à2015. Elle était auparavant Ambassadrice et Représentante permanente des Tonga auprès des Nations Unies à New York.

Aujourd’hui, c’est Audrey Aumua, de nationalité fidjienne, qui détient le poste de directrice générale adjointe à Suva. Avant de rejoindre la CPS, elle a occupé un poste de haut rang au sein de l’Organisation mondiale de la Santé.Au cours de mon mandat, plusieurs femmes ont aussi siégé au sein de la haute direction de la CPS et nous devons poursuivre nos efforts pour maintenir cette représentation féminine, compte tenu de la contribution majeure des femmes dans notre «monde du travail» à la CPS.

La CPS est particulièrement fière d’être la principale organisation technique du Pacifique. Nous menons des activités à la pointe de la science et de la technologie, et remettons des avis techniques solides, fondés sur la recherche, dans de multiples domaines: affaires maritimes, transports maritimes, agriculture, technologies de l’information et changement climatique, entre autres. Nous sommes très fiers de pouvoir proposer à nos pays membres ce qui se fait de meilleur en termes de soutien technique. En tant que Directeur général de cette organisation, j’ai l’honneur et le privilège de pouvoir dire que, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est grâce aux femmes. On leur doit d’énormes avancées dans différents domaines d’intervention scientifiques et techniques: science et gouvernance de l’océan, sécurité alimentaire et nutritionnelle, genre et jeunesse, autant de questions sur lesquelles c’est surtout la voix des hommes qui se faisait entendre auparavant.

L’égalité hommes-femmes n’est pas l’affaire des femmes. C’est l’affaire de tous. Selon moi, tous les agents de la CPS devraient contribuer d’une façon ou d’une autre à la promotion et à la conquête de l’égalité entre hommes et femmes. Nous devons tous agir à notre niveau pour l’égalité entre hommes et femmes, que ce soit dans la façon dont nous menons nos activités professionnelles ou encore dans nos comportements et attitudes au travail et dans notre vie privée.

Je pense ne pas trop m’avancer en disant que le paysage du travail est en pleine évolution dans le Pacifique: les avancées technologiques et la mondialisation ont ouvert de nouvelles perspectives professionnelles pour les femmes. Or, si l’on ne peut que saluer l’augmentation des débouchés professionnels pour les femmes du Pacifique, nous n’en devons pas moins rester attentifs à deux écueils: le risque que ces nouveaux débouchés ne soient accessibles qu’à certaines femmes et celui de voir se renforcer les stéréotypes visant les femmes. Ici, je fais référence aux postes et métiers où les femmes sont déjà surreprésentées, tout en étant sous-payées.

On voit fleurir ce type d’emplois dans le Pacifique. Nous en avons l’illustration dans les conserveries de thon, les usines textiles, les centres d’appel, les métiers de l’assistance téléphonique, etc. Je ne dis pas que les femmes ne devraient pas occuper ce genre d’emploi (un travail reste un travail), mais nous devons militer encore et toujours auprès de ces secteurs économiques pour qu’ils soient davantage à l’écoute des femmes.

Je saisis cette occasion pour vous souhaiter à tous une bonne Journée internationale de la femme et je vous invite à vous joindre à nous pour que nous puissions travailler ensemble et prendre des décisions audacieuses pour les femmes de notre région Pacifique.

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